Ce n’est pas un article « coup de gueule », ou encore donneur de leçon. Bien loin de moi cette idée. C’est juste une réflexion, que j’ai depuis plusieurs jours, et que je voulais partager avec vous.
La vie défile, on sait qu’on a vécu telle et telle chose, on a des souvenirs, mais tout reste finalement très vague, et le temps nous échappe.
Nos enfants grandissent si vite, et évoluent de telle manière que l’on est fiers, et qu’on ne reviendrait en arrière pour rien au monde. Et en même temps… Eux aussi quelque part nous échappe. On les a voulu, ils sont nés, on les a pouponné, et un matin on se lève, et ce ne sont plus des bébés…
On s’inquiète du passé, du futur, et on en oublie presque le présent. Et quand, enfin, on en prend conscience, celui-ci fait déjà parti du passé.
On aime nos familles, nos amis plus que tout, ils sont dans nos cœurs, nos pensées chaque jour, mais le temps les emporte eux aussi. Et un jour on se rend compte que cela fait des jours, des semaines, qu’on ne leur a pas parlé. Et là on culpabilise… On sait que chacun a sa vie, et que malgré tout, nous ne sommes pas des superman/woman. Mais quand même… Et finalement, on prend presque peur qu’un jour, la vie nous les enlève brutalement, et se sera trop tard pour avoir des regrets, des remords ou quoi que ce soit d’autre.
Car on ne sait jamais de quoi le lendemain sera fait, jamais.
Maëlys nous parle souvent de son O’pa, qu’elle n’a malheureusement jamais connu. Et comme j’aurais aimé que ce soit le cas ! Les photos, les pensées, c’est bien, mais c’est loin de faire tout. Aussi quand c’est la fête des grands-pères, et qu’elle fait un dessin pour son Poon ET son O’pa, j’ai les tripes qui se nouent. Car oui, j’aurais aimé qu’elle le connaisse, et que lui la connaisse. Et à fortiori Louise… C’est la vie, je le sais, mais j’ai du mal à l’accepter. Surtout que je sais que les bonheurs sont là, je les vis. Mais il n’y a jamais loin un chagrin, une détresse ou une épreuve qui nous attend.
A la sortie de l’école, on nous félicite, on nous envie, car Maëlys qui est connue comme le loup blanc dans son école, a sauté une classe, et pour le moment tout se passe bien et tout le monde le sait.
Je sais, que tout cela part d’un bon sentiment, mais des fois, j’ai juste envie de pleurer, crier, et les secouer (un peu…) et leur dire que malgré tous leurs bonnes intentions, ils nous envient mais de quoi ?
D’avoir une enfant de 6 ans toujours pas propre ? Dont l’autonomie n’égale même pas celle de sa sœur de 2ans et demi ? Dont on ne sait pas l’avenir ? Qui fait des progrès énorme et dont on est très fiers. Mais à quel prix ? Un quotidien formaté, adapté, torturé, hors norme, et ce, pour la vie ? Avec quels sacrifices derrière ? Pour nous, ça n’en est pas, car c’est notre fille, on donnerait notre vie pour elle. Mais pour les autres ? Sa sœur ? Maëlys n’a pas « juste » sauté une classe, et j’en ai marre de me justifier, et d’écouter les autres m’envier de ça.
Ils ont le droit de m’envier de ma fille EXTRA ordinaire qui m’apporte des choses uniques. De ma cadette qui l’est aussi, dans tous les sens du terme. Mais pas « JUSTE » la chance que j’aie d’avoir une fille qui a sauté une classe. Qu’est ce qu’on s’en fout. Le principal n’est-il pas que nos enfants soient heureux ?
Bref, non je ne suis pas déprimée, bien au contraire ! C’est justement dans les périodes où l’on est bien, et heureuse que l’on peut se poser ce genre de questionnement et poser les choses. Et en ce moment, j’ai la chance d’être bien dans ma vie, et je sais que c’est précieux.
Alors voilà, on ne vit qu’une fois, on ne pourra jamais tout faire parfaitement, mais être heureux, autant qu’on peut, prendre les petits bonheurs là où ils arrivent, et surtout essayer, tenter, de faire en sorte que ce temps qui nous file entre les doigts, on en ai profité lors de chaque seconde passée.
Sur ces bonnes paroles, soyez juste heureux.