Mais je ne vous ai jamais parlé de ce fameux jour, le 9 Juin, ni des quelques jours d'angoisse qui l'ont précedés.
Pourquoi? Trop dur d'en parler je pense. Et aussi le fait qu'on était toujours inquiets pour Maëlys n'a pas aider à extérioriser.
Mais aujourd'hui, je me sens prête. Et j'irais même plus loin, 8 mois plus tard j'ai besoin de vous en parler, car pour moi, c'est comme si il manquait un petit bout de l'histoire... Thérapie? Peut être!!!
Comme vous le saviez pour la plupart qui me suivent depuis le début, dès 4 mois et demi, j'ai été obligé de rester couchée le plus possible chez moi, "shootée" au spasfon. Les jours étaient plus ou moins bon par rapport aux contractions, mais la vie s'écoulaient, moi encore persuadée que Maëlys arriverait en temps et en heure!!!
Heureusement ce moment m'a permis de faire plein de rencontres "virtuelles" tellement belles! Merci à tous pour votre présence si importante, et à ma famille aussi.
Mais voilà que Mi mai, un soir, sans aucune raison, à 27 semaines d'aménorrhée, je contracte à nouveau, mais la différence avec d'habitude, c que ça ne s'arrête pas et surtout c très régulier et rapproché... Ni une ni deux, je sens bien que ça ne va pas, j'appelle mon homme, et nous voilà aux urgences Maternité. Monitoring de contrôle : Je contracte toutes les 3 minutes, il faut tout arrêter. Perfusion, et hospitalisation.
La nuit les contractions se tassent un peu bien que j'en ai encore quelques unes.
Le lendemain après-midi, rebelotte, crise de contractions, on rechange tout le protocole médicamenteux. Echo de contrôle, Maëlys va bien, elle fait 800grs. Il ne faut pas qu'elle arrive, surtout qu'à l'hôpital où je suis, il y a un un service de néonat mais pas de réanimation néonat. Le col est toujours long et fermé. Mais l'angoisse est toujours présente.
Le gynécologue m'annonce mon transfert dès demain pour "au cas où la puce arrive" que je sois dans une structure adaptée.
Lundi, mes collègues des urgences viennent me chercher en grande pompe et hélicoptère. Tout mes collègues passent me voir les uns après les autres. C'est les larmes aux yeux et la boule au ventre que je les quitte... Quand à l'hélico, grande première!! Et en fait, très sympa!
Arrivée dans le nouvel établissement, on rechange tout le protocole de perfusion, on me dit qu'il faut que je tienne jusqu'à 32 semaines, et après il me retransfert chez moi. Ils sont sûrs que tout va bien se passer, surtout que mon col est toujours fermé!
Que dire des 3 semaines suivantes??? Des journées rythmées par les contractions qui n'ont jamais céssées malgré tout les médicaments. Lit strict, bassin, perfusion, toilette au lit, une équipe souriante, dynamique, disponible, le rêve. Et surtout une motivation du tonnerre : Malgré l'alitement, une puce en pleine forme!!! Qui chaque jour me rappelait que je faisais ça pour elle! La sentir bouger était la meilleur des choses. Entourée comme une reine par mon amoureux, malgré la route pour venir. Ma famille toujour en or, et des rencontres virtuelles comme July, qui me font tenir encore et encore. Merci July, vivement qu'après le virtuel, le réel reprennse ses droits!
Mais au bout de 2 semaines et demi, le verdict tombe : Malgré tout ça mon col s'est ouvert! Même si Maëlys va bien, c'est sûr : Je vais accoucher prématurément.
Mais qu'est que la prématurité??? Je ne m'étais jamais posé la question. Pour moi, malgré tout ça ma fille allait arriver à terme. Optimiste, moi???!!!! Grande peur bleue, et là je me promet de tenir au moins jusqu'à 32 semaines pour ma puce.
Mais demoiselle en avait décidé autrement...Le vendredi qui suit l'écho, nouvelle crise de contractions. Chose qui arrive souvent depuis 3 semaines. Je sonne, on vient, et on me donne ce qui est prévu. Je me dis c'est comme d'habitude... 30 minutes plus tard, rien n'a changé, les contractions deviennent régulières toutes les 15 minutes. Je sens que ce n'est pas comme d'habitude. L'équipe aussi. Au bout de 2heures, de tergiversations, d'appel à mon papa angoissé, qui rentre de Paris en catastrophe, à mon homme coincé à l'aéroport de Nice, qui panique de ne pas avoir le temps d'être là, et moi qui sent que malgré mes résolutions, cette fois c'est la bonne, on me descent en salle de travail. Le gynéco m'annonce qu'on arrête tout les traitements médicamenteux, cette fois Maëlys va arriver dans les heures qui viennent... Je suis à 30 semaine d'aménorrhée tout rond.
Mon homme soulagé arrive enfin, en renfort, mon papa. Et c'est parti pour une nuit de travail, les deux premiers hommes de ma vie se succédant me serrant la main, les contractions augmentant, et devenant de plus en plus douloureuses et rapprochées. Malheureusement à cause de tout les traitements ingurgités depuis 3 semaines, mon col arrête de s'ouvrir. Le gynéco vient me voir, il est 5h, il va falloir penser à la césarienne. Et oui, moi je souffre, et Maëlys déjà engagée, tape contre mon bassin à chaque contraction.
5H30, je suis au bloc, rachianesthésie, l'angoisse est là mais pas aussi présente que je ne l'aurais cru. Je suis tellement fatiguée.... Le gynéco m'annonce qu'il va sortir Maëlys. 5 minutes plus tard, je l'entends crier!! Ma fille crie, donc elle respire!!!!!!!!!! Il est 5H44, on est le 9 juin. Le gynéco m'annonce qu'elle fait plus d'un Kilo. Pour moi, les deux choses les plus importantes sont gagnés, je peux lui faire deux bisous, elle est superbe, ils l'emmènent, et moi je m'endors sur la table d'opération. Sisisisisi je vous jure!!! ^^
Papa a la chance de profiter des premières minutes de sa fille. Moi je vais devoir attendre le lendemain pour pouvoir enfin la voir pour de vrai. Heureusement papa a fait des photos pour moi, je m'endors dessus le samedi soir.
Le lendemain, grande rencontre : J'arrive en fauteil roulant devant la couveuse, et là, je m'effondre........ Elle est si petite!!!! Et "tubée" de partout. J'ai pourtant l'habitude de voir ça, mais sur ma fille, ma si petite fille.... Je m'effondre littéralement, et c'est à partir de là que tout commence.
L'angoisse, la vie au jour le jour, rythmé par le tirage de lait, les visites en néonat très nombreuses. Un seul mot d'ordre : Soutenir notre championne qui se bat pour vivre, la soutenir, l'entourer d'amour... Hormis deux grosses peur, avec une transfusion sanguine, et un petit problème cardiaque entrainant des oedèmes et de l'eau dans les poumons, c'est une battante!!!
On est très fièrs d'elle... Elle évolue si bien qu'elle est transféré 3 semaines plus tard dans ma ville. Moi aussi je peux rentrer chez moi.
Que dire d'autre? Je crois que je viens d'écrire un roman!!!!!!!! On ne peut pas par écrit raconter toutes les interrogations, les peurs, les angoisses, les batailles chaque jour, la plaie qui cicatrise, mais toujours présente. Un petit rien et tout remonte à la surface. Ce n'est pas facile, même encore aujourd'hui.
Mais si vous avez eu le courage de lire ma petite histoire, merci, merci, car rien que ça, ça me touche beaucoup. Et ça m'aide!! Car j'aimerais me détacher cette prématurité. Mais c très dur........; Tout nous le rappelle, mais ça c une autre histoire!!!!!!!
A très bientôt!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!