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2009-01-25T11:17:00+01:00

Infirmière et fière de l'être...

Publié par Ju
Une fois n'est pas coutume, un petit article sur moi...

Comme vous le savez, je suis infirmière depuis 4 ans et demi dans un service d'urgences. Mon métier, je l'adore, les urgences, le SMUR/SAMU, c'est mon environnement, je suis comme un poisson dans l'eau.

Mais comme vous le savez tous, en ce moment mon métier est mis à rude épreuve... On a beau dire, et faire, rien ne bouge. Je ne parle pas seulement de paye qui n'a pas bougé depuis des décennies, je parle de moyens.

Je travaille dans un service d'urgences qui a bientôt 28 ans... Bien sûr en 28 ans il a été un peu remanié, mais pas agrandi. Alors que le nombre de passages augmentent chaque année...

Travailler dans ces conditions, c'est usant, et fatiguant. Malgré notre vocation, il y a un moment où l'on ne suit plus. Moi personnellement ça va encore, mais je vois mes collègues partir petit à petit que se soit infirmiers ou médecins. On a l'impression de ne pas être écouté. C'est quand même terrible, car on va en arriver à un point de non retour un jour et se sera trop tard. Et pourtant, on la tire la sonnette d'alarme!!!

Mais on a l'impression que tout le monde s'en fout....

Magoo a publiée sur son blog (link), un texte, et après lui avoir demandé, je me permet à mon tour de le publier...

A part quelques détails différents car un service d'urgence fonctionne différemment, ce texte est tellement vrai....

Alors je vous le fais partager. Mon métier je l'aime, j'aime le contact avec les gens, je vais travailler avec plaisir. Mais j'ai peur. Peur qu'un jour tout ça disparaisse car on est fatigué de se battre chaque jour...

Extrait du Libération du 15 janvier 2009

Infirmière dans un hôpital de la région parisienne, Céline T. nous a écrit, peu avant la fin de l’année, pour «expliquer, avec son expérience et sa plume», à quoi ressemble son métier.

Réalisé par É.Pa

«6 heures. S’habiller en tenue d’infirmière et enfiler ses sabots. Vérifier stylos, ciseaux, prendre stéthoscope, sparadrap, pince à clamper, pense-bête, garrot. S’attacher les cheveux. Marcher en pensant à la fin du service, à ce qu’on fera le soir si on n’est pas trop épuisée. Se laver les mains.

«Piétiner pour préparer son chariot, se courber sans prendre soin de plier les jambes. Se laver les mains. Faire le plein de tubulures, aiguilles, seringues, médicaments, mais aussi draps, alèses, haricots, bassins… Porter le tout dans ses bras car le chariot a encore disparu. Jurer de se plaindre sachant que c’est en vain. Sentir ses pieds chauffer sur les semelles dures. Le pied lâche, se tord. Ne pas tomber, pas le temps. Se laver les mains.

«Réveiller brutalement les patients. Etre désolée, mais pas le temps de faire autrement. Faire dix prises de sang en priant pour ne pas se piquer avec une aiguille souillée. Se raconter, entre collègues, l’extérieur, n’importe quoi mais l’extérieur. Se laver les mains.

«Préparer les perfusions debout. Se laver les mains. Ouvrir les bouteilles d’antibiotiques et d’antalgiques avec les ciseaux car les laboratoires n’ont pas pensé que quelqu’un devait les ouvrir avant de les injecter. Se blesser. Se soigner. Et enchaîner car pas le temps. Se laver les mains.

«Laver le corps d’un autre, homme ou femme. Se pencher, soulever les jambes. Le dos tire. Pas le temps. Se laver les mains.

Faire le lit au carré, seule ou avec l’aide-soignante. Soulever le matelas. Le dos craque. Les jambes courent, trois sonnettes en même temps. Aller au plus urgent. Une patiente âgée est tombée dans la douche. Se pencher, soulever, glisser, tomber, un autre bleu, appeler à l’aide, se débrouiller car personne n’est disponible. Ramener la patiente dans son lit, hisser le corps pour mettre la tête sur l’oreiller. Rassurer, il n’y a pas de mal. S’asseoir, lui prendre la main, et rire ensemble. Se laver les mains. Courir à l’autre sonnette et en passant, changer la perfusion du voisin. Se laver les mains.

«Préparer la morphine. Se laver les mains. Injecter. Remonter le patient dans son lit, remettre l’oreiller. Cavaler à l’autre bout du service pour répondre à une autre sonnette, en faisant un détour par les toilettes. Se faire engueuler parce que ça ne va pas. Rassurer, essayer de trouver une solution. Se faire insulter. Gueuler. Se demander pourquoi on fait ce métier. Sortir de la chambre en se cognant au lit, un bleu. S’arrêter dans le couloir, et souffler. Fatigue, Pleurer silencieusement. Se laver les mains. Pousser son chariot. Changer les poubelles. Marcher. Se laver les mains. Courir après l’interne pour réclamer les prescriptions promises. Accueillir le patient du bloc encore groggy. Faire le changement de lit. Un, deux et trois. Glisser, porter le corps, sans faire mal, avec le drap. Monter les barrières du lit et comme toujours, se pincer les doigts dedans. Dire qu’on est là, que l’opération s’est bien passée, qu’on repassera le voir, mettre dans sa main la sonnette. Sortir de la chambre, rassurée. Le dos cherche un appui dans le couloir, les jambes rêvent d’être en l’air, les pieds réclament des chaussons mous.

«8 h 30. L’odeur du café. Les petits déjeuners vont être servis. Se demander ce qu’on pourrait faire d’autre comme métier et se rappeler ces moments privilégiés : soulager une douleur, cicatriser une plaie, essuyer des larmes, ce sont des moments privilégiés, toutes classes sociales confondues, parce qu’on se retrouve humain face à la maladie. Rire comme des gosses entre soignants car c’est l’arme la plus efficace contre l’injustice, penser que la souffrance est intolérable et qu’on sera là demain pour repousser la mort et ses copines même si, parfois, c’est se battre contre des moulins à vent. Se laver les mains, se recoiffer. Pousser la porte de la chambre 407 qui n’a jamais de visite car on a promis d’aller papoter un peu. Le café attendra la fin du service et la relève.»

Une "vieille" photo, mais quand même... C'est moi dans mon service!!


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commentaires
M
Coucou!j'ai un peu de retard dans mes lectures, vacances puis garde au boulot obligent!On n'a pas un boulot facile, mais on l'aime et c'est déjà ça! à nous de faire qu'il reste une passion et non une obligation!Bizzzz 
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T
c'est déstabilisant d'aimer ce que l'ont fait et voir tout se dégrader jours après jours à cause de grands pontes qui n'ont les yeux rivés que sur les bénéfices, le productivité et le rendrement !!!!!!Je ne suis pas dans le même secteur mais rataché à l'éducation nationale car je bosse dans une cafétéria universitaire et le personnel se fait de + en + rare !!!!!courage am belle bisous !Jeudi je manifeste !!!!
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D
Salut JU, comment tu vas et ta puce?En tout cas, cette photo prouve que ta puce te ressemble...Tu fais une sacrée métier quand même, je te tire mon chapeau et je trouve ça beau d'aimer son métier comme ça.BRAVO!Bisous
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S
Merci pour ton inscription ! Bienvenue dans nôtre mini-communauté !Je travaille dans une clinique privée mais bientôt en hôpital, alors je connais bien tous ces problèmes.Malheureusement, sans vouloir te saper le moral, avec le super gouvernement qu'on a, et une ministre de la santé au top, ben, je crois que c'est pas près de s'arranger, bien au contraire !Chez nous les urgences, c'est tout le monde dans le couloir. Il y a des patients qui ne passent même pas par une salle de soin.Se faire consulter, s'habiller, se laver, dans un couloir, devant tout le monde. Super pour les patients ! 
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V
En ce moment c'est un sujet qui revient très régulièrement aux infos c'est vrai que l'ont vous demande l'impossible, des gardes a gogo et qui n'en finissent pas. En tout cas moi je dit bravo et te tire mon chapeau car ça ne doit pas être rose tout les jours. Bisous.
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